J'ai pensé à Bagdad (Stéphane Casale) - Prix Fondcombe 2009

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J'ai pensé à Bagdad (Stéphane Casale) - Prix Fondcombe 2009

Message par Admin le Mer 2 Déc - 19:48

auteur : Stéphane CASALE
Titre : J'AI PENSE A BAGDAD
éditeur : TdB Editions
parution : 2008
http://www.tdb-editions.com
Prix : 20 euros
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Note de lecture

Message par Admin le Mer 2 Déc - 19:55

Informaticien dans une grande société de BTP, Lucien, célibataire, la trentaine, travaille depuis cinq ans comme programmateur au service comptabilité. La routine de son quotidien professionnel lui pèse. Ses collègues lui suggèrent de demander une mission à l’étranger sur l’un des nombreux chantiers de la société.
On ne lui laisse pas le choix, ce sera Bagdad, où son entreprise participe à la construction du nouvel aéroport. Le timide Lucien n’est pas vraiment enchanté mais il n’a pas la force de caractère qui lui permettrait de refuser le poste.
L’action se situe en 1982, sur une période très courte mais très intense, du 28 juin au 9 juillet.
Ces six semaines vont plonger le jeune homme dans un univers totalement inconnu et bousculer son habituel mode de vie. Sur la base, édifiée à quelques kilomètres de Bagdad, où vivent un millier d’occidentaux en mission, meurtres et disparitions vont se succéder.

Cette peinture du mode de vie d’un type particulier d’expatriés dans un pays du Moyen-Orient ne manque pas d’intérêt.

La description du chantier gigantesque qui fonctionne non stop et où se côtoient de multiples nationalités, l’évocation de la chaleur accablante qui règne dès le lever du soleil sont vivantes, précises. On peut imaginer que l’auteur a lui-même connu ce statut pendant une période de sa vie ce qui lui permet de donner un ton crédible à l’histoire.

Le récit est bien construit, correctement structuré, bien écrit même s’il n’y a pas d’originalité dans le style et dans le vocabulaire.
En revanche, les nombreux dialogues sont parfois un peu artificiels : ils doivent être relus et corrigés pour qu’ils apparaissent plus naturels.
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L'arrivée au chantier

Message par Admin le Mer 2 Déc - 20:06

Le dernier passager est monté. Le véhicule démarre. Michel tire une longue bouffée de sa cigarette et l’écrase consciencieusement avec ses vieilles baskets sales sur le plancher poussiéreux. Il n’a eu aucune réaction en remarquant les yeux écarquillés de Lucien.
Les réverbères ont disparu dès la sortie de l’aéroport. Le minibus fonce à travers le désert sous une lune blafarde.
Toutes les vitres sont baissées. Un vent de tempête souffle à l’intérieur. Il heurte les tympans et apporte une poussière qui poisse en se mélangeant à la sueur. Michel s’efforce de dompter les mèches de ses cheveux. Lucien, le nez pointé à la fenêtre dans le sens de la marche, respire l’air de la nuit et admire les nombreuses étoiles piquées dans le ciel noir.
Le vent apporte des senteurs nouvelles. Lucien les reconnaît. Il les a déjà humées dans des boutiques d’épices. Un monde inconnu est à proximité. Sa curiosité s’aiguise et son imagination s’enflamme. Il voit déjà les dômes dorés des mosquées, les ruelles étroites, les souks multicolores, les femmes voilées aux yeux mystérieux.
Le revêtement de la chaussée et la signalisation au sol apparaissent flambants neufs dans la lumière des phares. Le goudron est d’un noir brillant, les bandes blanches sont étincelantes. Voyant le regard de Lucien, Michel intervient :
— C’est beau n’est-ce pas ? C’est tout frais, si j’ose dire ! On vient de finir la portion d’autoroute menant au nouvel aéroport.
— Nous allons directement à la base vie ?
— Directement. Tu vois la lueur là-bas ? La fumée ? C’est le chantier. Il tourne 24 heures sur 24. Le béton est coulé la nuit, sinon il sèche dans les toupies. Même à huit heures du soir, j’ai vu des camions dont la bétonnière s’était figée ! C’est pour éviter ça que je suis là.
Lucien plisse les yeux pour mieux apprécier le spectacle. La zone est immense. Sous des volutes de poussière, des formes impressionnantes se découpent dans une pâle clarté orangée. De monstrueux enchevêtrements de béton et de fer sortent de terre. Des engins colossaux s’activent. Malgré la distance et le bruit du minibus, le bourdonnement du travail est perceptible. Parfois des pièces de métal s’entrechoquent et sonnent comme des cloches à travers le désert et la nuit.
La base vie est en vue. Il est bientôt une heure du matin et elle semble endormie. Elle est entourée d’une haute grille, elle-même surmontée de fil de fer barbelé.
— Pourquoi des barbelés ? Nous n’avons pas le droit de sortir ? demande Lucien à Michel.
— C’est l’inverse, c’est pour que personne ne rentre ! D’abord, les crève-la-faim ne doivent pas rentrer dans le camp. Ensuite, une base vie c’est un état dans l’état. Comme les Irakiens sont bien dressés au bonheur local, ils ne doivent pas être contaminés par le monde occidental décadent !
Le minibus s’est arrêté devant une barrière gardée par des militaires irakiens et éclairée par des projecteurs. Des sacs de sable empilés dissimulent une lourde mitrailleuse et un petit canon. Une baraque abrite des soldats. Ils sont tous armés jusqu’aux dents. Lucien redoute un nouveau contrôle.
Un chef s’avance et passe sa moustache à l’intérieur du véhicule par une fenêtre ouverte. Après avoir dévisagé les occupants, il lance un ordre extrêmement bref mais terriblement efficace : « Yallah ! ». Aussitôt les soldats s’écartent, la barrière se lève et le conducteur démarre.
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Visite au laboratoire

Message par Admin le Mer 2 Déc - 20:11

Pour s’éclaircir les idées, il décide d’aller saluer Michel Gascon. Après avoir prévenu Georges, il prend la direction du laboratoire. Sur le chemin entre les bâtiments, le soleil lui rappelle violemment sa présence. Les deux minutes de marche suffisent à le faire abondamment transpirer.
Il se trouve bientôt à l’entrée d’un vaste hall enfermant d’impressionnantes machines. De monstrueux engins torturent des pièces de béton. Le bruit est assourdissant. Une forte odeur de produits chimiques flotte dans l’atmosphère. Une épaisse couche de poussière recouvre le sol.
Ne voyant personne, il se faufile entre les monstres d’acier à la recherche des bureaux. Dans une salle périphérique, il découvre Thierry Filien et un Pakistanais. Les deux hommes se tiennent très proches l’un de l’autre et discutent vivement.
— Nous ne serons jamais prêts pour le 16 ! s’exclame le Pakistanais.
— Il n’y aura pas d’autre report, assène Thierry menaçant.
L’échange retient toute l’attention des deux hommes. Ils n’ont ni vu ni entendu pénétrer Lucien. Gêné, celui-ci n’ose pas rebrousser chemin et décide finalement de les saluer. Au son de cette voix, les deux hommes ont un sursaut. Le Pakistanais s’immobilise. Thierry se retourne calmement, fixe de ses
yeux bleus le visiteur et esquisse un sourire.
— Mais c’est notre ami Lucien ! Vous voilà bien loin de l’informatique !
— Je ne voulais pas vous déranger, je cherchais juste …
— Michel Gascon, c’est ça ?
— Oui, c’est ça… Vous savez où il est ?
— Je vais vous le trouver… En attendant, je vous présente Muhammad. Muhammad travaille justement au laboratoire des bétons sous la responsabilité de Michel. Muhammad, va nous chercher Michel…
Celui-ci s’exécute immédiatement. Thierry enchaîne.
— Muhammad est un excellent technicien et également un allié.
— Un allié ?
— Il en faut. Mon souci, c’est la sécurité. La sécurité c’est aussi savoir ce qui se passe… Nous sommes nombreux. Il y a des rivalités, des frictions. Des hommes de cultures et de religions différentes cohabitent sur ce chantier. C’est parfois difficile. Mieux vaut être au courant…
— Et Muhammad vous aide dans cette tâche ?
— Exactement. Mais voilà Michel, je vous laisse.
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Après l'arrestation de Muhammad

Message par Admin le Mer 2 Déc - 20:15

Lucien est venu prendre son thé du matin dans le bureau de Chantal. Des gouttes perlent à son front. Sa chemise est auréolée sous ses bras.
— Je suis trempé et cette boisson bouillante me fait transpirer un peu plus, dit-il en soufflant les volutes de vapeur au-dessus de son verre.
— Je n’écoute pas la météo, déclare-t-elle, mais je sens la température monter régulièrement depuis plusieurs jours. Il est huit heures du matin et il fait déjà quarante degrés !
— Ma voiture s’en est rendue compte aussi. Le ventilateur tourne tellement que je dois recharger la batterie tous les jours !
— Et la climatisation du bâtiment peine drôlement l’après-midi, ajoute-t-elle avec un soupir.
Chantal sirote son thé quelques instants puis délivre l’information qui lui brûle les lèvres.
— Tu es au courant pour l’arrestation de Muhammad, hier soir ?
— Non ! s’exclame Lucien, étonné.
— Mon mari me l’a racontée... Tout le service de sécurité était à sa recherche, ils ont fini par mettre la main dessus.
— Où est-ce qu’ils l’ont retrouvé ? Il avait disparu depuis la mort de Thierry !
— Chez des Philippins, sur la base vie des ouvriers. Il les avait payés pour qu’ils acceptent de le cacher dans leur bungalow.
— Les Philippins l’ont lâché ?
— Oui. Finalement ils ont eu peur des sanctions possibles et ils l’ont dénoncé.
— Comment ça s’est passé ? Muhammad s’est laissé faire ?
— Il y a eu un peu de bousculade, mais pas de violence. Il a été conduit au poste de sécurité. Il y est enfermé.
— Et qu’est-ce qu’il dit ? Pourquoi est-ce qu’il a voulu se cacher ?
— Il avait peur d’être arrêté… Mais il hurle qu’il est innocent !
— C’est Philippe qui a décidé de son arrestation ?
— Oui. Il faut bien que l’enquête avance !
— Il croit qu’il est coupable ?
— Mon mari pense que l’affaire est claire, au moins pour le meurtre de Thierry. Selon lui, sa tentative de disparition est un aveu. Quant au mobile, il s’agit certainement d’un différend concernant les trafics, comme l’a dit Michel. D’ailleurs, ton témoignage sur leur dispute à propos d’une date de livraison
non tenue est très important.
— Holà ! Doucement ! s’offusque Lucien. Je ne veux pas être le responsable de la mise en prison de Muhammad !
— Rassure-toi, d’autres dépositions le confirment. Bénédicte aussi a été témoin de plusieurs accrochages.
— Et pour Bernard ?
— Philippe n’est pas sûr, mais il pense que Bernard était un danger pour Muhammad. Il pouvait faire arrêter ses trafics et le renvoyer au Pakistan.
— Il a des preuves ?
— Malheureusement aucune.
— Je ne voudrais pas juger ton mari dans cette tâche difficile, mais je ne suis pas certain qu’il faille agir si vite…
— Peut-être que cette arrestation va faire bouger les choses, qui sait ?
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Isabelle et Georges se posent des questions

Message par Admin le Mer 2 Déc - 20:20

— Je n’arrive pas à comprendre pourquoi on s’en est pris à moi…
— Quelque chose a été volé ?
— Je ne pense pas… J’ai vérifié en arrivant. Et de toute façon, il n’y avait rien à prendre ! Peu d’argent, pas de bijoux…
— Et des papiers ? Est-ce que Bernard rangeait des documents du chantier ? Des documents importants ? Des rapports concernant les trafics ?
— Je n’en sais rien… Philippe m’a déjà posé la question. Je ne m’intéressais pas aux affaires de Bernard. Si des documents ont disparu, je suis bien incapable de m’en rendre compte…
— Dommage. S’il s’agit d’une affaire de trafic, le meurtrier est certainement venu les récupérer…
— Peut-être.
— Et… est-ce que tu pourrais savoir quelque chose de compromettant ? Est-ce que quelqu’un pourrait vouloir te réduire au silence ?
— Je ne sais pas, moi ! Je ne suis au courant de rien ! De rien ! s’écrie Isabelle dont les larmes se sont mises à couler. Pourquoi moi ? Pourquoi tout ça ?
— Calme-toi… Je suis désolé… Mais il faut en parler… Il faut comprendre ce qui se passe sur ce chantier et résoudre ces affaires pour te protéger.
Lucien marque un temps d’arrêt puis poursuit.
— À ton avis, comment l’homme a fait pour entrer ?
— Je n’en sais rien ! D’après Philippe, il avait une clé ou un passe-partout, répond-elle en reniflant. C’est paraît-il très facile à trouver.
— Comment ?
— Toutes les équipes de nettoyage et de dépannage en ont… La sécurité en a également... Et en plus, comme tous ces bungalows sont pareils, certaines clés ouvrent même plusieurs portes !
— Quand tu es entrée, est-ce que tu as remarqué du désordre… des objets déplacés, un tiroir ouvert ?
— Non, je suis allée directement dans ma chambre pour me déshabiller et prendre une douche… Je n’ai rien vu, rien entendu avant qu’il se jette sur moi...
— Est-ce que tu te souviens d’un détail qui permettrait de le reconnaître ? Est-ce qu’il était gros ? Grand ? Est-ce qu’il sentait l’alcool ?
— Tu penses à Georges ?
— Non, pas spécialement, c’étaient des exemples…
— Je ne sais pas… J’ai eu si peur, Lucien ! Tu ne peux pas imaginer ! J’ai beau réfléchir, je ne trouve rien… La seule chose dont je me souvienne, et je l’ai déjà dit à Philippe, c’est qu’il avait des gants.
— Des gants ?
— Oui, des gants grossiers, rêches… usés comme en ont les ouvriers du chantier.
— Encore une fois, c’est incroyable ! N’importe qui pouvait entrer, il n’y a aucun indice, et pas le moindre mobile !
— Je pense souvent à ce qu’a dit Michel au sujet de Georges, hier, en allant au lac... Plus j’y pense et plus je suis effrayée. Tu crois que Georges pourrait vouloir me tuer ?
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fin de la trêve

Message par Admin le Mer 2 Déc - 20:24

Isabelle raccompagne Lucien à la sortie du bungalow. Assis sur le capot de sa voiture, le garde fume le nez en l’air.
Soudain, le sifflement d’un réacteur leur perce les tympans. Un avion militaire survole le chantier de l’aéroport. Aussitôt, les batteries de DCA postées autour de la base vie font feu. Des dizaines de fusées rouges s’élancent vers le ciel à la poursuite de l’avion et éclatent autour de lui dans un vacarme assourdissant.
Le garde se jette par terre et leur crie les mains sur la tête : « Il est iranien, il est iranien, protégez-vous ! » Isabelle et Lucien l’imitent en se plaquant instantanément sur le sol.
La canonnade se prolonge. L’avion tente un demi-tour, mais un obus de DCA le frappe à la queue. De multiples débris volent en tous sens. L’appareil disloqué s’enflamme, pique du nez et s’écrase au milieu du désert dans une gigantesque explosion.
Isabelle, Lucien et le garde se remettent lentement debout.
Ils contemplent ébahis l’épaisse fumée noire s’élever de la carcasse de l’appareil.
— Cette saleté de guerre recommence ! s’emporte le garde. L’armistice de juin est bel et bien terminé ! On n’aura donc jamais la paix ?
Isabelle glisse sa main dans celle de Lucien.
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Re: J'ai pensé à Bagdad (Stéphane Casale) - Prix Fondcombe 2009

Message par dhallepee le Mer 2 Déc - 20:57

En 1982, Lucien, célibataire d'une trentaine d'années, travaille comme informaticien dans une grande société de BTP. La routine de son quotidien professionnel lui pèse. Ses collègues lui suggèrent de demander une mission à l'étranger. On ne lui laisse pas le choix, ce sera Bagdad, où son entreprise participe à la construction du nouvel aéroport. Ces quelques semaines d'exil vont plonger le jeune homme dans un univers totalement inconnu et bousculer son mode de vie. A quelques kilomètres de Bagdad, sur le base où vit un millier d'occidentaux en mission, meurtres et disparitions vont se succéder.

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Re: J'ai pensé à Bagdad (Stéphane Casale) - Prix Fondcombe 2009

Message par Admin le Dim 10 Nov - 23:42

Note : Prix Fondcombe 2009
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Re: J'ai pensé à Bagdad (Stéphane Casale) - Prix Fondcombe 2009

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